Tableau de bord de l’artisan : suivre la marge par chantier

Un logiciel affiche des chiffres. Il ne décide pas à votre place.

La plupart des artisans qui cherchent un logiciel de tableau de bord n’ont pas un problème d’outil. Ils ont un problème d’indicateurs : personne ne leur a dit quels trois ou quatre chiffres regarder chaque mois. Le premier d’entre eux, dans le bâtiment, c’est la marge chantier par chantier. Ce comparatif fait le tri entre les solutions qui permettent de la suivre, avec leurs tarifs, et dit dans quel cas chacune se justifie.

Les indicateurs

Quatre chiffres avant tout logiciel.

Commencez par écrire, sur une feuille, les quatre chiffres que vous voulez voir chaque mois. Pas dix, quatre. Pour un artisan du bâtiment, nous proposons :

  • la marge par chantier terminé, devis contre réalisé : heures passées, achats, sous-traitance ;
  • le carnet de commandes, exprimé en semaines de travail signées devant vous ;
  • l’encours client : ce qu’on vous doit, factures et situations émises mais pas encore payées ;
  • la trésorerie prévue dans trente jours.

Pour un architecte ou un designer d’intérieur, le premier chiffre devient les honoraires facturés rapportés au temps réellement passé, projet par projet et phase par phase. Tant que cette liste n’existe pas, aucun logiciel ne réglera quoi que ce soit : vous aurez simplement des graphiques que vous ne regarderez pas.

Les solutions

Quatre familles, souvent confondues.

Le tableur de marge par chantier

Excel ou Google Sheets, alimenté à la main ou par un export de votre logiciel de devis. C’est la solution que l’on rencontre le plus souvent dans les petites entreprises. Elle a un mérite réel : elle épouse exactement votre activité, parce que vous l’avez construite. Elle a deux défauts : elle dépend d’une saisie régulière des heures et des achats par chantier, et elle vit souvent dans un seul fichier sur un seul poste.

Le logiciel de devis du bâtiment

Avant de payer un outil de plus, regardez ce que fait déjà votre logiciel de devis. Plusieurs logiciels du bâtiment calculent la rentabilité par chantier dans leurs offres intermédiaires, à partir des devis, des heures pointées et des achats affectés. C’est souvent la solution la plus naturelle : les données sont déjà là.

L’outil de pilotage de trésorerie

Pennylane, Qotid, Okimia et leurs concurrents se branchent sur vos comptes bancaires et vos factures, puis reconstituent votre trésorerie et vos encaissements à venir. Ils répondent très bien à la question « vais-je tenir », beaucoup moins à « quel chantier m’a fait perdre de l’argent ». Nous les comparons en détail sur la page suivre sa trésorerie quand on est artisan.

L’outil de business intelligence

Power BI, Data Studio (l’ex-Looker Studio de Google). Ce sont des ateliers de construction de tableaux de bord, pas des tableaux de bord prêts à l’emploi. Ils sont puissants et peu chers à la licence, mais il faut quelqu’un pour connecter les sources, construire les rapports et les maintenir. Pour une entreprise artisanale, c’est rarement le bon point de départ.

L’essentiel en un tableau

Les solutions, en un coup d’œil.

SolutionPrix d’entréePlutôt pourMarge par chantier ou projet
Tableur (Excel, Google Sheets)0 à 15 € HT par moisArtisan seul ou petite équipeOui, si vous saisissez heures et achats par chantier
Obat69 € HT par mois en annuel (offre Croissance)Artisans du bâtimentOui, « rentabilité chantier » incluse dans cette offre
Tolteck19 € HT par mois en annuelArtisans, petites structuresTableau de bord d’activité ; suivi de chantier non annoncé
GraneetSur devisPME du BTPOui, tableaux de bord de marge par chantier
OOTISur devis, essai gratuitArchitectes et architectes d’intérieurOui, honoraires par phase et temps passé
PennylaneTableaux de bord personnalisés dès 79 € HT (indépendant), 149 € HT (entreprise avec salariés)Travail conjoint avec l’expert-comptableNon prévu nativement
Power BI Pro12,10 € HT par utilisateur et par mois, en annuelEntreprise déjà équipée Microsoft, avec quelqu’un pour le paramétrerÀ construire soi-même

Tarifs relevés sur les sites des éditeurs le 21 octobre 2026, offres d’entrée, hors taxes. Certains prix supposent un engagement annuel. Vérifiez la grille en cours auprès de l’éditeur. Pour les outils de trésorerie, voir notre comparatif dédié ; pour la facturation électronique, notre comparatif des logiciels de devis et facturation.

Méthode

Ce qu’il faut regarder avant de choisir.

Regardez d’abord la source des données. Un outil qui récupère vos devis, vos factures et vos achats vous demandera dix minutes par mois. Un outil alimenté à la main vous en demandera bien plus, et finit souvent par être abandonné. Pour la marge par chantier, la question clé est simple : qui saisit les heures, et quand ? Sans pointage des heures par chantier, aucun outil ne calculera une marge juste.

Deuxième point : le coût complet. Une licence à 12 € par utilisateur paraît modeste jusqu’à ce que chaque personne qui veut consulter un rapport doive aussi être équipée. À l’inverse, un outil qui vous évite trois heures de manipulation par mois se rentabilise vite, si l’on valorise votre temps au taux horaire que vous facturez.

Enfin, la fréquence. Un tableau de bord consulté une fois par trimestre n’a aucune utilité de pilotage : à ce rythme, votre bilan suffit. Un tableau de bord utile se regarde tous les mois, à date fixe, et déclenche une décision : relever un taux horaire, refuser un type de chantier, relancer un client.

Un exemple type

Une entreprise de menuiserie, trois options.

Exemple illustratif : les chiffres sont construits pour l’explication et ne décrivent pas un client réel.

Une menuiserie de six salariés, 780 000 € de chiffre d’affaires, une trentaine de chantiers par an. Le dirigeant reçoit son bilan au printemps pour un exercice clos en décembre, et sait donc à ce moment-là si l’année précédente a été bonne. Entre-temps, il navigue au solde bancaire.

Option tableur. Coût : le temps de construction, une journée environ, puis une heure par mois. Il obtient un suivi de marge par chantier, qui est exactement ce qui lui manque. Le risque, c’est la régularité : si le mois est chargé, la saisie saute, et deux mois d’écart suffisent à rendre le fichier inexploitable.

Option logiciel de devis. Il utilise déjà un logiciel de devis du bâtiment. En passant à l’offre qui suit la rentabilité par chantier, autour de 70 € HT par mois, et en faisant pointer les heures de ses équipes, il obtient la marge chantier par chantier sans ressaisie. Le coût est d’environ 840 € HT par an, et l’effort est surtout d’organisation : la discipline du pointage.

Option mixte. La marge par chantier dans le logiciel de devis ou le tableur, et la trésorerie à trente jours suivie depuis sa banque professionnelle, qui propose souvent des prévisions dans ses offres payantes. C’est celle qui demande le moins d’outils nouveaux, pour un dirigeant qui sait en juin où il en est, au lieu de l’apprendre au printemps suivant.

À éviter

Ce qui fait échouer un tableau de bord.

Vouloir tout mesurer

Un tableau de bord de trente indicateurs ne se lit pas. Il se contemple, puis il s’oublie. Quatre chiffres suivis tous les mois valent mieux que trente chiffres consultés deux fois par an. On peut toujours en ajouter ensuite.

Confondre suivi et pilotage

Constater que la marge baisse, c’est du suivi. Savoir que cette baisse vient des petits dépannages hors tournée, ou d’un type de chantier systématiquement sous-chiffré, et décider d’y répondre, c’est du pilotage. Aucun logiciel ne fait le second travail à votre place : il fournit la matière, l’interprétation reste la vôtre.

Acheter avant d’avoir défini le besoin

La démonstration commerciale est toujours convaincante, parce qu’elle est faite sur des données propres et un cas idéal. Demandez un essai avec vos données, même partielles, et vérifiez qu’il gère votre façon de travailler : situations, avenants, sous-traitance.

Le point de vue Crescendo

Notre position, en toute transparence.

Nous ne revendons aucun de ces logiciels et nous ne percevons aucune commission. Notre conviction : l’outil arrive en second. Ce qui compte d’abord, c’est de savoir quels indicateurs comptent dans votre métier, et de tenir un rendez-vous mensuel avec eux.

Dans bien des cas, un tableau bien construit et alimenté régulièrement fait le travail pendant plusieurs années. Le passage à un outil devient pertinent quand la saisie devient pénible, ou quand plusieurs personnes doivent accéder à la même information.

Pour tester la marge d’un chantier ou d’un projet tout de suite, notre calculateur de marge par chantier est gratuit, avec une variante pour les architectes d’intérieur. Pour situer votre pilotage, le diagnostic de pilotage prend deux minutes. Un modèle de tableau de bord sur une page sera bientôt téléchargeable sur notre page Ressources. Pour construire les indicateurs avec vous, c’est l’objet du diagnostic stratégique.

Une question sur votre situation ?

Un premier échange offert de 30 minutes, en visio, pour en parler concrètement. Sans engagement.

Questions fréquentes

Pour aller plus loin.

Quel logiciel de tableau de bord choisir quand on est artisan ?

Regardez d’abord votre logiciel de devis : plusieurs logiciels du bâtiment suivent la rentabilité par chantier dans leurs offres intermédiaires. Sinon, un tableur de marge par chantier alimenté chaque mois suffit souvent. Les outils de trésorerie connectés à la banque complètent, mais ne calculent pas la marge par chantier.

Combien coûte un logiciel de pilotage pour une petite entreprise ?

De zéro pour un tableur à environ 70 € HT par mois pour un logiciel de devis du bâtiment avec rentabilité par chantier. Les outils de trésorerie connectés vont d’une dizaine à une centaine d’euros par mois. Une licence Power BI Pro coûte 12,10 € HT par utilisateur et par mois en annuel, mais l’outil est à construire. Tarifs relevés en octobre 2026.

Comment calculer la marge d’un chantier ?

Prix du devis moins le déboursé sec (fournitures, sous-traitance, heures passées valorisées à leur coût, frais de chantier), puis moins la part de frais généraux de l’entreprise. Notre calculateur gratuit de marge par chantier fait le calcul et montre ce que devient la marge si les heures dépassent de 20 %.

Excel suffit-il pour piloter une entreprise artisanale ?

Oui, dans beaucoup de cas, à deux conditions : que le fichier soit réellement alimenté chaque mois, et qu’il soit sauvegardé ailleurs que sur un seul poste. La limite d’Excel n’est pas technique, elle est humaine : c’est la régularité de la saisie des heures et des achats par chantier qui fait échouer la plupart des tableaux de bord sous tableur.

Quels indicateurs mettre dans le tableau de bord d’un artisan ?

Quatre suffisent pour commencer : la marge par chantier terminé, le carnet de commandes en semaines, l’encours client et la trésorerie prévue à trente jours. Pour un architecte d’intérieur : les honoraires facturés rapportés au temps passé par projet, l’échéancier d’honoraires, l’encours client et la trésorerie à trente jours.

À quelle fréquence faut-il regarder son tableau de bord ?

Une fois par mois, à date fixe, pendant une demi-heure. Un rythme trimestriel ne permet pas de corriger à temps : le bilan annuel joue déjà ce rôle. L’intérêt d’un tableau de bord tient à ce rendez-vous régulier, pas au nombre de graphiques qu’il contient.

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